Me Marie Christine Kirouack, Ad. E.




Me Marie Christine Kirouack, Ad. E.:
un double engagement au service des autres


Par Pierre-Luc Beauchesne, avocat

(Article diffusé le 27 octobre 2022)

Membre du Barreau depuis 1992, Me Marie Christine Kirouack, Ad. E., a su mettre son énergie débordante et contagieuse au service des autres. Son apport au droit familial est impressionnant, notamment par ses nombreux textes de doctrine, ses participations à des commissions parlementaires ainsi que par les formations et les cours qu’elle a donnés au cours de sa carrière. Toutefois, ce dont elle est particulièrement fière demeure sa contribution en matière de santé mentale. Pour ceux qui l’ignorent, Me Kirouack est, depuis 2011, la directrice du Programme d'aide aux membres du Barreau du Québec (PAMBA).

Après avoir complété un diplôme d’études collégiales en lettres et philosophie au Cégep Édouard-Montpetit en 1981 et goûté au marché du travail, elle entame ses études en droit en 1988, à l'Université McGill. Pendant ces années, elle a notamment été la porte-parole du Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ), en plus d'avoir agi à titre d’intervenante de première ligne dans un centre de thérapie alternative pour femmes souffrant de maladies mentales. Nul doute que ces expériences de travail ont donné le ton à ses implications et ses engagements futurs.

Une pratique axée sur le droit de la famille

Me Kirouack a toujours pratiqué en droit de la famille. Elle a commencé sa carrière de juriste au sein du cabinet Moisan Lasalle, un bureau uniquement constitué de femmes où elle a été rapidement lancée dans une foule de défis. Elle garde notamment d’excellents souvenirs de Me Pierrette Moisan qui lui a insufflé un esprit de précision et de synthèse.

À partir de 2011, sa pratique a pris une certaine tangente. Elle a commencé à représenter davantage des enfants dans des dossiers en droit familial : « Pour moi, c’est un rôle privilégié de représenter un enfant devant le tribunal et de m’assurer que ses intérêts soient protégés. Une telle pratique permet aussi de faire de l’intervention en santé mentale. »

En plus d’enseigner le droit de la famille à l’Université McGill, de donner des formations et de participer à des commissions parlementaires, Me Kirouack a écrit de nombreux articles de doctrine (plus de 4 000 pages), notamment en matière de filiation et d’autorité parentale. Elle est également l’autrice de deux ouvrages, La réforme de la Loi sur le divorce et le Guide de préparation du témoin.

Toujours engagée, Me Kirouack siège encore aujourd’hui sur le conseil d’administration de l'Association des avocats et avocates en droit familial du Québec, dont elle a été vice-présidente de 1998 à 2005 puis présidente de 2005 à 2013. Pour Me Kirouack, l’avocat en droit de la famille a un rôle social de premier plan à jouer et doit tout faire pour éviter de jeter de l’huile sur le feu, et ce, pour le meilleur intérêt des enfants.

Une intervenante de première ligne

Me Kirouack s’est jointe au PAMBA en 2000. Elle a tout d’abord été adjointe au directeur, Me Guy Quesnel, pendant plus de 10 ans, avant de prendre sa relève en février 2011. Rappelons que, depuis 1996, le PAMBA offre un service d'aide et de consultation pour les avocats victimes d'alcoolisme, de toxicomanie, d'épuisement professionnel, de stress et d'autres problèmes de santé mentale en plus d’être accessible, en toute confidentialité, 365 jours par année, jour et nuit.

Pour Me Kirouack, le PAMBA permet littéralement de sauver des vies : « Avec le temps, j’ai réalisé que ce que je fais au programme est plus important que le reste, dont mes articles de doctrine qui ne résistent pas au temps et qui deviennent en quelque sorte décalés. Nos interventions permettent à des gens de retomber sur leurs pieds et même littéralement de rester en vie. C’est fondamental. Si je regarde mon travail au PAMBA et mon travail comme Ombudsman, je fais probablement une plus grande différence au sein de la société que comme avocate en droit de la famille. »

En mai 2021, Me Kirouack a décidé de prendre un nouveau virage et de mettre sa pratique en droit de la famille de côté pour devenir Ombudsman de l’Archidiocèse de Montréal. Pour elle, ce nouveau défi est une continuation de son engagement dans le domaine de l’intervention de première ligne.

L’engagement social de Me Kirouack, tant au niveau juridique qu’en matière de santé mentale, a été reconnu par la communauté juridique. En 2019, elle a reçu le Mérite du Barreau du Québec pour son apport significatif au développement et à l’avancement du droit de la famille et pour son travail de démystification en santé mentale. En 2014, elle a également reçu le Prix d’excellence du Programme d’aide aux juristes (PAJ) de l’Association du Barreau canadien (ABC) pour son dévouement envers l’amélioration de la santé mentale chez les avocats.

Pour se changer les idées, se détendre et combattre le stress, Me Kirouack se passionne pour les travaux de rénovation : « Poser un plancher de bois franc fait toujours sortir le méchant. » Ce n’est pas tout. Les lundis d’hiver, on peut aussi la retrouver sur les pentes du Mont Saint-Bruno où elle est patrouilleuse de ski.

À l’approche des mois plus gris de l’année, Me Kirouack invite tous les avocats à prendre soin d’eux et à décrocher, mais aussi à ne pas avoir d’idée préconçue sur eux-mêmes et sur leur carrière. Pour elle, il faut saisir les opportunités que la vie nous offre et surtout ne pas s’imposer ses propres limites.