Le très honorable Richard Wagner




Le très honorable Richard Wagner, démystifier le droit et la justice

Par Pierre-Luc Beauchesne, avocat

(Article diffusé le 16 août 2022)

Le 8 septembre prochain, lors de la Cérémonie de la Rentrée judiciaire, la bâtonnière Julie Mousseau remettra la Médaille du Barreau de Montréal au très honorable Richard Wagner, juge en chef de la Cour suprême du Canada, afin de souligner sa contribution exceptionnelle à la cause de la justice. Animé d’une grande curiosité, il a toujours cru en l’importance de mieux faire connaître le droit à l’ensemble de ses concitoyens et de poser des gestes concrets pour y parvenir.

Partager ses connaissances

Admis au Barreau du Québec en 1980, après des études à l’Université d’Ottawa, le juge en chef Wagner a pratiqué le droit chez Lavery, de Billy, avant d’être nommé juge à la Cour supérieure en septembre 2004, puis à la Cour d’appel du Québec en février 2011. Lors de sa pratique en tant qu’avocat, il adorait enseigner à l’École du Barreau, partageant ainsi ses connaissances pour mieux faire comprendre le droit, un thème au cœur de sa grande carrière.

Le juge en chef Wagner n’a jamais caché son attachement au Barreau de Montréal, dont il a été le bâtonnier en 2001-2002. Au début de sa pratique, il a souvent pris part aux activités de la section, notamment en allant dans les écoles secondaires pour expliquer aux étudiants le fonctionnement du système de justice au Canada. Même après avoir rejoint les rangs de la magistrature, il a continué à participer au Salon VISEZ DROIT, une initiative phare du Barreau de Montréal. L’un de ses plus beaux souvenirs demeure la Tournée du bâtonnier qu’il a effectuée pendant son mandat et qui lui a permis de rencontrer de nombreux avocats de Montréal, de s’intéresser à leur réalité et d’échanger avec eux.

Pendant son bâtonnat, le juge en chef a aussi contribué à mettre sur pied le Centre d’accès à l’information juridique (CAIJ), qui joue encore aujourd’hui un rôle essentiel pour assurer une meilleure accessibilité à la justice : « Quand on parle de cause de la justice, il n’y a rien de plus fondamental que l’accès à l’information juridique. Axé sur la technologie, le CAIJ était un acte de foi pour le futur et a connu un véritable succès auprès de tous les juristes québécois. »

Pour un meilleur accès à la justice

Juge à la Cour suprême du Canada depuis octobre 2012, il continue de croire en l’importance de démystifier le droit et la justice, le manque de connaissances étant pour lui une source de beaucoup de préjugés. Depuis sa nomination à titre de juge en chef en décembre 2017, la Cour suprême a mis en place plusieurs initiatives pour se rapprocher de la population : « Les juges ont la responsabilité de mieux informer les citoyens sur leur rôle, tout en gardant une certaine réserve. Plus les gens vont être conscients de l’intégrité du système de justice, mieux se portera la démocratie. »

Chaque année, le juge Wagner tient une conférence de presse afin de donner aux citoyens des renseignements utiles et susceptibles de favoriser leur accès à la justice. Pour se rapprocher des justiciables, la Cour a également siégé à Winnipeg en 2019 et se rendra à Québec en septembre prochain. Pendant une semaine, en plus d’entendre deux causes importantes, les juges de la Cour suprême visiteront des écoles secondaires et rencontreront des étudiants en droit. Un rassemblement avec le public est également prévu le 14 septembre au Musée de la civilisation, où les juges répondront aux questions de l’auditoire.

Actuellement, l’enjeu qui préoccupe le plus le juge en chef Wagner est l’accès aux tribunaux, et ce, même si la situation s’est améliorée au cours des dernières années : « Quand on parle d’accès à la justice, on parle de démocratie. Si les gens abandonnent l’idée d’aller devant les tribunaux, ils vont régler leurs problèmes eux-mêmes, ce qui va fragiliser la règle de droit et, ultimement, la démocratie. » Pour lui, la diffusion d’information juridique est une des initiatives permettant d’assurer un meilleur accès à la justice, tout comme le travail pro bono et les cliniques juridiques.

D’un point de vue plus personnel, le juge Wagner tente d’atteindre un certain équilibre, notamment en jouant au golf ou au tennis, mais surtout en passant du temps de qualité avec ses proches et ses quatre petites-filles, qu’il essaie de voir le plus souvent possible.

À l’aube d’une nouvelle année judiciaire, le juge en chef Wagner invite tous les avocats de Montréal à garder l’esprit ouvert et à contribuer, eux aussi, à la cause de la justice en partageant leurs connaissances avec les gens qui en ont besoin.