Annual General Assembly


(In French only)

Un barreau inclusif… et d’avant-garde!
Par Johanne Landry

C’est le 9 mai qu’a eu lieu l’assemblée générale annuelle au Palais de justice de Montréal. Le trésorier Me Alexandre Forest, qui a pris la relève de Me Philippe-André Tessier, a annoncé que l’exercice 2016-2017 s’est terminé avec un excédent de 80 137 $, une septième année d’affilée avec un surplus budgétaire.

Remise du Prix Pierre-Fournier

Le Mérite du Barreau de Montréal a été renommé le Prix Pierre-Fournier en hommage à cet ancien bâtonnier et collaborateur hors normes aux affaires du Barreau de Montréal, décédé subitement le 25 juin 2017. Sa fille, Me Magali Fournier, est la première à recevoir cette distinction.

Me Magali Fournier, a relaté Me Brian R. Mitchell, a été assermentée par son père, alors premier conseiller. Bâtonnier, l’année suivante, il lui a demandé de l’aider à construire le réseau informatique. Ce fut le début d’une longue et belle histoire d’implication auprès du Barreau. Dix-huit années après son père, Me Magali Fournier a aussi été élue bâtonnière. Au fil des ans, elle s’est engagée dans plus de 15 comités, a donné des conférences dans les écoles, des consultations juridiques gratuites et agit comme mentore. « Elle est toujours partante pour les nouveaux défis que lui propose la direction ou le Conseil du Barreau », a souligné Me Mitchell.

Chaudement et longuement applaudie par l’assistance, Me Magali Fournier, émue aux larmes à certains moments, a remercié son conjoint et ses enfants de la partager avec son travail avant de rendre hommage à son père, racontant qu’il croyait à la responsabilité des avocats de s’engager et qu’il avait, à cet égard, donné l’exemple en s’investissant jusqu’à son décès. Me Fournier a remercié Me Doris Larrivée d'avoir eu l’idée du Prix Pierre-Fournier, Me Mitchell de l’avoir soumise, ainsi que tous ceux qui l’ont par la suite endossée. « Pierre demeure vivant. J’accepte ce prix avec humilité et beaucoup de bonheur », a-t-elle exprimé.

Le rapport du bâtonnier sortant

Me Brian R. Mitchell a dit vouloir mettre l’accent sur les aspects positifs de l’année de bâtonnat qui se termine. « Avec un barreau inclusif, nous avons choisi de nous concentrer sur certains groupes, qui, selon nous, nécessitaient une attention particulière. » Ainsi, des tables rondes ont été organisées dans les trois facultés de droit des universités montréalaises, des échanges qui ont permis de discuter des défis et possibilités pour les membres de la communauté juridique LGBTQ. D’autre part, le comité consultatif sur la diversité ethnoculturelle a présenté un plan stratégique triennal. Le comité de relations avec les membres a mis en place une campagne de publicité pour briser les tabous par rapport aux problèmes de santé mentale. Le comité mis en place avec des représentants du Jeune Barreau organisera prochainement des visites guidées de différentes salles du Palais de justice pour les jeunes avocats. Le bâtonnier sortant a également souligné que 35% des avocates quittent la pratique durant les cinq premières années et que de nombreuses ressources avaient été mises en ligne pour les soutenir.

Enfin, Me Mitchell a souligné qu’à ces réalisations s’ajoutent le déménagement imminent des bureaux du Barreau de Montréal, le dépôt de procédures concernant le processus d’adoption des lois et le succès remporté par la 21e édition du Salon VISEZ DROIT.

Le Conseil 2018-2019

Me Brian R. Mitchell a présenté le nouveau Conseil du Barreau de Montréal, soit Mes Michel P. Synnott, bâtonnier, Alexandre Forest, premier conseiller, Francisco Couto, trésorier, Sophia M. Rossi, secrétaire, et Alex Goupil, représentant du Jeune Barreau de Montréal. S’y joignent les conseillers élus, Mes David Ettedgui, Extra Junior Laguerre, Caroline Larouche, Julie Mousseau et Robin Schiller, ainsi que ceux qui entament la deuxième année de leur mandat, soit Mes Michael N. Bergman, Marie Cousineau et Alexandra Popa .

Vers un Barreau novateur

Le nouveau bâtonnier Me Michel P. Synnott a proposé le thème « pour un Barreau d’avant-garde », c’est-à-dire novateur et précurseur qui fait face aux changements devant lesquels les avocats doivent s’adapter et se regrouper. Il a donné quatre exemples de changements importants

  1. la refonte de la gouvernance du Barreau du Québec.
  2. la composition des membres qui atteint maintenant 52% de femmes.
  3. la technologie qui module la pratique de la profession alors que les communications se font de manière électronique; et
  4. la loi qui change, notamment avec le nouveau Code de procédure civile et l’arrêt Jordan. « Justice delayed, justice denied », a formulé Me Synnott.

« Nous allons prendre le temps de réfléchir à l’impact de ces changements sur notre travail et sur notre environnement professionnel. Nous devons être proactifs », a dit Me Synnott, invitant les membres du conseil à une rencontre de réflexion stratégique sur trois grands thèmes : la gouvernance, les finances et l’avenir de la pratique professionnelle. « Nous nous pencherons sur ce que j’appelle les quatre J de la justice, les Justiciables, les Juristes, les -Jjeunes, et le monde Judiciaire ». Au terme de cette réflexion, a annoncé le bâtonnier, le conseil d’administration produira un plan triennal simple et clair. « Ensemble, façonnons l’avenir, façonnons notre avenir pour un barreau d’avant-garde », a lancé avec enthousiasme le nouveau bâtonnier de Montréal.

La période de questions

À la question concernant le salaire du bâtonnier, soumise préalablement à l’assemblée par Me Stéphanie Chartrand, Me Mitchell a expliqué que la plupart des ordres professionnels versent une allocation annuelle au président pour le travail énorme que ce poste représente et pour éviter que certaines personnes compétentes n’y viennent pas en raison d’une perte de revenus conséquente au temps consacré à ce mandat. Il a également précisé que l’allocation de fonction du bâtonnier pour 2018-2019 serait de 80 000 $. Ce montant s’ajoute aux allocations de fonction versées au premier conseiller et au bâtonnier sortant, pour un total de 120 000$, un montant demeuré inchangé depuis 2003, soit depuis 15 ans. « L’allocation attribuée à chacun ne remplace pas le salaire perdu, tout comme elle n’est pas suffisante pour attirer des gens qui le feraient que pour l’argent. Cela dit, chaque fois que ce sujet a été discuté, le Conseil a eu la préoccupation de maintenir l’allocation de fonction à l’intérieur du cadre budgétaire et de ne pas la hausser si cela devait provoquer une hausse de la cotisation » a ajouté le bâtonnier Mitchell.

L’assemblée s’est terminée sur une discussion au sujet du recours juridique concernant l’inconstitutionnalité du processus d’adoption des lois du Québec. Invité par Me Mitchell à prendre la parole, le bâtonnier du Québec, Me Paul-Matthieu Grondin, a rappelé aux membres qu’ils pourront s’exprimer sur la question lors de l’assemblée générale du Barreau du Québec, le 14 juin prochain. Le bâtonnier Grondin a notamment soulevé le fait qu’une version de loi faible dans une langue vient affaiblir l’autre version. « Je suis convaincu qu’ultimement, grâce à cette démarche, nous aurons une version française plus forte. Tout le monde y gagnera », a-t-il conclu.