2019-2020 Me Mélanie Dugré


Me Mélanie Dugré: s’impliquer pour les autres… et pour soi!

Par Pierre-Luc Beauchesne, avocat
(Article diffusé le 9 juin 2020)

Chaque année, le Prix Pierre-Fournier est décerné à une personne qui s’est signalée par sa contribution exceptionnelle au barreau et à ses activités. Cette année, le bâtonnier sortant, Me Alexandre Forest, aurait dû remettre la distinction lors de l’assemblée générale annuelle, mais la pandémie est venue contrecarrer ses plans. Il était néanmoins heureux d’annoncer à tous que le Conseil, avec l’appui de la Conférence des anciens bâtonniers, avait décidé de décerner ce prix à Me Mélanie Dugré qui, entre autres, préside le comité Relations avec les membres depuis 2013 et a fait connaître des avocats au profil exceptionnel grâce aux nombreuses chroniques Figures de maître qu’elle a rédigées. Aujourd’hui, à son tour d’être mise en lumière.

Admise au Barreau en 2001, Mélanie a toujours pratiqué en litige. Après ses études en droit à l’Université McGill, c’est chez McCarthy Tétrault qu’elle amorce sa carrière, d’abord à titre d’étudiante, puis de stagiaire et d’avocate. En 2007, elle quitte la pratique privée, où elle exerçait principalement en responsabilité médicale, pour rejoindre l’équipe des Affaires juridiques de la compagnie d’assurance Canada Vie où elle gravit peu à peu les échelons jusqu’au poste de vice-présidente adjointe et conseillère juridique principale, qu’elle occupe depuis janvier 2020. Pour la lauréate, il est clair que le passage de la pratique privée à celle en entreprise lui a permis de consacrer plus de temps à sa famille et d’être la mère qu’elle voulait être. En effet, la mère de trois enfants – Alexandre (15 ans), Étienne (12 ans) et Laurence (9 ans) – se sent comblée tant personnellement que professionnellement.

Au sein des Affaires juridiques de Canada Vie, sa pratique demeure principalement centrée sur le litige, mais plus variée, notamment en sa qualité de gestionnaire de l’équipe des adjointes et techniciennes juridiques. En plus d’agir dans des dossiers en droit des assurances, Mélanie est le soutien juridique pour les ressources humaines, ce qui lui permet également de pratiquer en droit du travail. Après plus de 13 ans, elle apprécie toujours autant la collaboration entre les différentes équipes spécialisées et sent qu’elle peut faire avancer les choses grâce aux champs d’expertise de chacun. Plus que tout, elle apprécie le fait que la haute direction respecte les opinions de ses avocats et reconnaisse la valeur ajoutée qu’ils apportent à l’entreprise.

En 2010, une consoeur lui parle du comité du concours « La justice a bonne mine » et l’encourage à s’y joindre. C’est donc à l’honorable Suzanne Courchesne, aujourd’hui juge à la Cour supérieure, que le Barreau de Montréal doit le recrutement de cette bénévole hors norme. Mélanie saute sur cette occasion qui lui permettait de concilier son intérêt marqué pour l’écriture avec son désir de contribuer à son barreau. Elle siège toujours à ce comité, qui a fusionné depuis avec le Concours des débats oratoires, une activité pour laquelle, sans surprise, Mélanie accepte de mettre son talent au service des cégépiens en agissant depuis quelques années comme modératrice.

À titre de présidente du comité de relations avec les membres, Mélanie est particulièrement fière d’avoir chapeauté des projets rassembleurs, comme la campagne C’est mon barreau, qui a fait connaître des avocats de différents horizons qui ont tous à cœur les activités de leur barreau, et la campagne EN-TËTE : pour un juste équilibre, qui visait à briser les tabous en matière de santé mentale et sensibiliser la confrérie à l’importance de préserver un juste équilibre. Pour elle, ces deux initiatives du Barreau de Montréal comportent un message clair : le Barreau de Montréal est le barreau de tous les membres de la section et le bien-être de ceux-ci lui tient à cœur.

L’implication de la dynamique avocate ne s’arrête pas là. En effet, en collaboration avec le Dr Martin Juneau, cardiologue et directeur de la prévention à l’Institut de Cardiologie de Montréal, Mélanie et son comité lanceront une nouvelle campagne au cours des prochains mois. Comme elle le souligne, « après notre campagne EN-TÊTE, sur la santé mentale, la campagne EN-CORPS sensibilisera les avocates et avocats à l’importance de la bonne condition physique, surtout dans les temps plus difficiles que nous vivons actuellement ». Mélanie invite les membres à participer aux activités de leur barreau, mais surtout à partager leurs idées : « On veut un barreau rassembleur, qui porte des projets qui ont du sens pour nos membres. D’où l’importance que ceux-ci nous fassent part de leurs idées. »

Si Mélanie s’implique autant, c’est pour redonner un peu de ce qu’elle a reçu. Des figures marquantes ont croisé sa route : ses parents, l’honorable David Lametti qui, alors qu’il enseignait à l’Université McGill, l’a convaincue qu’elle avait sa place à la Faculté de droit, d’ex-collègues de McCarthy Tétrault, Me Julie Chenette et les honorables Catherine Mandeville et Marie Anne Paquette, qui ont été une grande source d’inspiration, ainsi que Me Sylvia Reiter la fondatrice du département des Affaires juridiques à la Canada Vie, une gestionnaire exigeante et un mentor inestimable.

Me Dugré a également collaboré, de 2011 à 2016, à la section Débats du quotidien La Presse et a publié, en 2014, le recueil de textes Lumières du Phare, au profit de la maison de soins palliatifs pédiatriques, le Phare Enfants et Familles. Il saute aux yeux que l’écriture est au cœur de l’engagement de Me Dugré qui est l’exemple parfait que l’on peut contribuer à la société tout en nourrissant ses passions. Pour elle, l’implication doit être faite dans le plaisir et être bénéfique autant pour soi-même que pour les autres.

Pour le Barreau de Montréal, l’apport de cette bénévole est incommensurable. D’ailleurs, madame Gislaine Dufault, directrice des communications et conseillère spéciale qui profite du dévouement de Mélanie depuis 2010, a confié à l’auteur de ces lignes attendre impatiemment la légalisation du clonage humain à des fins sympathiques pour en produire de très nombreux exemplaires!

Félicitations, Me Dugré, et merci de faire rayonner la profession.