Troubles de la personnalité

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Description


Il existe plusieurs troubles de la personnalité, les plus connus étant ceux de la personnalité narcissique, de la personnalité limite et de la personnalité obsessive-compulsive. Ces troubles sont en quelque sorte des traits de caractère comme nous en avons tous, mais qui prennent une ampleur telle qu’ils deviennent envahissants, au point de nuire au bon fonctionnement d’une personne. Généralement, les personnes qui vivent avec un trouble de la personnalité ont de la difficulté à s’entendre avec les autres. Leur personnalité rigide — ils peuvent être irritables, exigeants, hostiles, craintifs ou manipulateurs — nuit à leurs relations avec les autres et entraîne de grandes souffrances.

Comme la personnalité se forme tout au long de l’enfance, un bon départ dans la vie favorise l’acquisition d’un éventail de facteurs protecteurs qui influeront sur l’état de santé tout au long de la vie. Ainsi, le fait de vivre son enfance dans un contexte familial chaleureux et sécuritaire permet de développer un profond sentiment d’attachement et de sécurité. En vieillissant, il sera plus facile de tisser des liens avec les amis, collègues de travail, partenaires de vie, etc.

Questions à se poser

  • Est-ce que j’éprouve de la difficulté à m’entendre avec les autres ?
  • Est-ce que je suis trop irritable, exigeant, hostile, craintif ou manipulateur ?
  • Est-ce que je me sens en détresse ?

Témoignage


Marie* : apprendre à vivre avec la vie

*Prénom fictif ; histoire réelle.

Des hauts, des bas. D’autres hauts, d’autres bas. Tout est noir ou blanc, tout le temps. La vision « tout ou rien » de Marie envenime toutes les sphères de sa vie. Son instabilité émotionnelle aussi. Pour Marie, les gens et les gestes qu’elle fait sont soit nuls soit parfaits.

« REPEAT » pendant une ou deux décennies, parallèlement à un parcours scolaire et professionnel plutôt enviable, mais évidemment très demandant. Marie est épuisée — comme nombre de ses collègues — mais ce n’est pas que ça. Marie ne sait pas comment « vivre » : personne ne le lui a appris. Le temps passe.

Plus de hauts, plus de bas. Un diagnostic erroné. En conséquence de quoi : des médicaments nécessairement inadéquats.

Des bas plus bas. Un arrêt de travail, deux arrêts, puis trois.

Pour certaines personnes, le trouble de la personnalité limite, c’est Isabelle Blais, dans le film Borderline. Pour Marie, c’était comme être une funambule, qui attaque le fil de fer avec des bottes de skidoo, un casque de moto, un désir féroce d’être déjà rendue de l’autre côté et d’innombrables bleus qui témoignent de ses chutes passées.

Une visite à l’urgence psychiatrique sera le début d’un temps nouveau. C’est le début d’une vie « normale » sans que Marie ne le sache. Une psychiatre extraordinaire la mène à une « hospitalisation de jour ». C’est quoi « l’hôpital de jour » ? C’est comme un emploi, mais non rémunéré, à l’hôpital, avec des gens « comme Marie ». Pour une des rares fois, Marie se retrouve dans un groupe de gens liés par leurs difficultés : la « Clinique des troubles relationnels ». Des gens, comme Marie, qui ont beaucoup de difficultés relationnelles. De gens dont les parents étaient alcooliques, absents ou déficients émotionnellement et qui ont donc élevé leur enfant dans ce qui leur était disponible : l’excès, le drame, le lendemain de veille : les hauts et les bas…

L’hôpital de jour, c’est comme un emploi en ce sens où Marie s’y rend de 9 à 5, tous les jours juridiques pendant plusieurs semaines. Chaque jour, elle a honte. L’hôpital de jour, c’est comme un emploi, car Marie a écrit une longue lettre de motivation pour y accéder. C’est un programme public riche : de l’ergothérapie, de la récréologie, de la thérapie de groupe. Apprendre qui est Marie, comment elle fonctionne, quelles sont ses forces, ses préférences.

Le temps passe. La sagesse s’installe. La sérénité aussi. Marie découvre le bonheur. La patience aussi. Le gris, l’équilibre, l’imparfait deviennent tolérables… et seront éventuellement apprivoisés.

Quelquefois, Marie constate avec hébétude qu’elle est en pleine santé et occupe un emploi « à temps plein » depuis tellement d’années maintenant. Jadis, ce sont les journées « en congé » qu’elle comptait, désespérée. Dans le même ordre d’idées, Marie est fascinée de remarquer que les pensées suicidaires, qui l’obsédaient à une certaine époque, lui semblent désormais carrément inaccessibles.

La médecin de Marie l’avait prévenue : au-delà de la trentaine, Marie apprivoiserait probablement les lignes et le trouble se dissiperait. La sagesse, qui ne s’acquiert qu’avec le temps, lui permettrait d’apprivoiser le milieu, le centre, le gris, l’équilibre… C’était vrai. Marie sait maintenant — car des gens dévoués de notre système de santé le lui ont appris — comment marcher, comment se tenir en équilibre, comment se gérer sur le fil, comment se nourrir, comment penser de manière saine. Marie ne connait rien au funambulisme, mais elle s’imagine qu’ils tombent tous de temps à autre, même s’ils ont apprivoisé leur fil de fer.

La psychiatre de Marie lui mentionne chaque année, lors d’un suivi, qu’elle n’est probablement plus borderline. Lui faire passer un test prendrait des ressources et ce n’est évidemment pas une priorité comme elle se porte à merveille depuis plusieurs années. Marie sourit en soulignant qu’il y a 10 ans, elle aurait plaidé avec véhémence la nécessité de repasser le test pour savoir « si elle l’est ». Aujourd’hui, elle vit sereinement avec les zones grises et l’incertitude.

Marie a la profonde conviction qu’elle ne sera plus jamais obsédée par des pensées suicidaires. Marie apprécie la vue du lever du soleil en pleine heure de pointe. Marie prend encore une toute petite dose de médicament… tout en s’amusant à se rappeler qu’elle rêvait jadis du jour où elle pourrait cesser. Le temps lui a permis de comprendre que les médicaments et l’aide — plus généralement — ne sont pas un synonyme de faiblesse !

« C’est quoi la clé, selon toi ? » « Se laisser aider… Je sais que ce n’est pas facile pour nombre de juristes et d’étudiants en droit. » — Un médecin de famille ? C’est déjà un magnifique premier pas. – Un psychologue ? À la limite, chaque être humain en a besoin ! – Un médecin spécialiste en santé mentale ? Parce que c’est de ça que cette campagne parle. « Je n’ai jamais pratiqué en droit criminel… si j’avais une question dans ce domaine, je n’hésiterais pas une seconde à solliciter un juriste spécialisé… Même chose pour la santé mentale. » — Des organismes communautaires ? Il y en a des tonnes. Plusieurs offrent gratuitement des services d’une valeur inestimable. Revivre (https://www.revivre.org) offre des groupes d’entraide gratuits quatre fois par semaine. Marie y retourne encore parfois pour le plaisir, elle dit que cet organisme lui a appris à vivre sa vie...

Ressources


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