Me Daniel Aubé


Me Daniel Aubé : Sans peur ni regret
Par Mélanie Dugré, avocate
(Article diffusé le 27 juin 2017)

Maturité et sagesse se dégagent de Me Daniel Aubé, jeune trentenaire admis au Barreau en 2011. Né à Montréal, il suit un parcours linéaire au sein d’institutions scolaires publiques. Il entreprend un baccalauréat en études internationales à l’Université de Montréal en récoltant ses meilleurs résultats dans les cours de droit, d’où sa décision de traverser à la Faculté de droit, animé du désir de se rendre utile tout en gagnant sa vie.

C’est à la Cour d’appel que Daniel effectue son stage, agissant principalement comme recherchiste pour le juge Jacques Fournier. Il est séduit par cette incursion dans les concepts de droit pur et apprécie l’accès privilégié aux grands enjeux sociaux matérialisés dans un contexte juridique.

Il parle avec ferveur, respect et admiration de la Cour d’appel et de ses magistrats. Il s’avoue impressionné par leur grande intelligence, leur cheminement intellectuel dans les dossiers dont ils sont saisis et leur quête du raisonnement juridique qui leur permettra d’atteindre une solution juste et équitable. Son premier passage à la Cour d’appel se prolonge et Daniel y travaille pendant trois ans.

Par la suite, il effectue un séjour de 18 mois au sein d’un petit cabinet où il pratique notamment en litige municipal et en responsabilité professionnelle. Cette expérience lui confirmant que la confrontation inhérente à une pratique en litige lui convient peu, il décide de compléter son parcours académique en suivant la formation intensive de médiateur civil et commercial offerte par l’Université de Sherbrooke.

La porte de la Cour d’appel s’ouvre à nouveau devant Daniel Aubé à l’automne 2015 lorsqu’on lui offre un contrat de vulgarisateur juridique. Il travaille alors en coulisses à préparer l’entrée en vigueur du nouveau Code de procédure civile en participant à la formation des employés du greffe et des adjointes des juges. Il vit donc intensément le compte à rebours qui mène à la date attendue, et redoutée de certains, du 1er janvier 2016.

Son mandat à la Cour d’appel terminé, Daniel se joint au contentieux de la Ville de Montréal en juin 2016 pour un remplacement dû à un congé de maternité. Il agit à titre de conseiller juridique en matière d’environnement et d’urbanisme. Il se dit comblé par ses fonctions et son rôle, qui lui permettent d’approfondir des questions juridiques tout en priorisant le bien-être de la communauté montréalaise dans la formulation de ses opinions et recommandations.

À titre de membre assumé de la génération millénariale, Daniel accorde une importance significative à l’équilibre de vie. Le désir de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, de se divertir, physiquement et intellectuellement, et d’offrir une contribution à la société occupe une place importante dans son échelle de priorités.

Touché et interpellé par les clientèles vulnérables, Daniel Aubé entreprend, en 2012, de participer hebdomadairement au service du repas du soir à la Maison du père. Cette implication s’accentue lorsque, à titre de membre du comité Pro-bono de l’AJBM, Daniel offre des cliniques juridiques pour les sans-abris et organise un souper annuel à la Maison du père au cours duquel le service du repas est assuré par des membres de la magistrature.

Daniel Aubé siège également au conseil d’administration de PRACOM, une maison située dans le Plateau Mont-Royal et dont la mission, depuis 33 ans, est d’offrir du soutien et de briser l’isolement des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale. Il est particulièrement fier de la composition du conseil d’administration, dont quatre des huit membres sont des usagers de la maison qui apportent une valeur ajoutée à l’équipe de direction. L’organisme fonctionne d’ailleurs sans directeur général, les employés agissant à titre de  cogestionnaires sous la supervision du conseil d’administration. Le modèle organisationnel prévoit également que les usagers prennent en charge les ateliers et activités de la maison, ce qui contribue positivement au développement de l’autonomie et de la confiance en soi des usagers.

À cette feuille de route inspirante s’ajoute une implication auprès de l’Association des bègues, qui l’a sollicité l’automne dernier pour donner une conférence. Sa réponse positive et enthousiaste en a surpris plus d’un puisqu’il est relativement inhabituel que des bègues se portent volontaires pour ce genre d’exercice. Daniel a offert un discours marquant, qui a fait grand bruit de par la puissance du message qu’il y a livré, abordant le sujet de son bégaiement avec une franchise et une simplicité désarmantes. Il en parle ouvertement et désamorce les situations potentiellement embarrassantes et anxiogènes en faisant état d’emblée de sa réalité. Il rassure ainsi ses interlocuteurs en leur confirmant que son bégaiement n’est pas causé par un manque de sérieux ou de préparation de sa part et en répondant aux questions ou préoccupations qu’ils pourraient avoir. Sa façon d’aborder de front le bégaiement et de ne jamais choisir la voie d’évitement en raison de la peur ont toujours servi Daniel positivement et lui ont permis de gagner le respect de ses pairs, tout en étant porteur d’espoir pour les bègues qui s’estiment limités par leur situation. Au fond, Daniel fait un pied de nez au bégaiement et avance droit devant, sans peur ni regret, en refusant de laisser le bégaiement prendre emprise sur lui.

Daniel Aubé pose vers l’avenir ce regard calme et serein de la jeunesse qui n’a rien à craindre, convaincu que des défis à la hauteur de ses aspirations l’attendent au détour des chemins qu’il empruntera. En quête d’une vie personnelle professionnelle épanouie, notre figure de maître défend avec ardeur des valeurs d’entraide, de solidarité et d’implication sociale qui font sans contredit de lui un modèle inspirant pour la génération montante.