Me Benjamin Prud’homme




Me Benjamin Prud’homme : la lutte pour l’égalité

Par Annie Boivin-Breton, avocate
(Article diffusé le 10 décembre 2019)

Détenteur d'un baccalauréat en droit de l'Université de Montréal, Benjamin Prud’homme a été reçu au Barreau du Québec en 2013. Il s’est joint au cabinet Robinson Sheppard Shapiro en 2010 à titre d’étudiant puis stagiaire, avant d’intégrer l’équipe de droit de la famille comme avocat.

Benjamin a entamé une maîtrise en droit tout en poursuivant sa carrière et en s’impliquant socialement. Il a entre autres remporté le prix d’Avocat de l’année du Jeune Barreau de Montréal 2015 en droit de la famille et, en 2018, il a été identifié comme Leading Lawyer to Watch par le magazine canadien Lexpert.

Benjamin a quitté la pratique privée en octobre 2018 pour devenir conseiller de la ministre de la Justice et procureure générale du Canada, l’honorable Jody Wilson-Raybould. Il a ensuite conseillé l’honorable David Lametti lorsque celui-ci a succédé à Me Wilson-Raybould. En mars 2019, il a débuté son travail auprès de l’honorable Chrystia Freeland, alors ministre des Affaires étrangères du Canada, pour qui il agissait à titre de conseiller en matière de droits humains et de relations multilatérales.

Pratique privée – droit de la famille

Lors de son passage chez RSS, Benjamin a orienté sa pratique vers des dossiers litigieux complexes en matière familiale. Ses principaux champs de pratique étaient le divorce, la séparation, la garde, les pensions alimentaires et les droits de la personne.

Il se considère choyé d’avoir eu le privilège de travailler dans des dossiers qui soulevaient des questions financières complexes ainsi que des enjeux relatifs au droit international privé et au droit constitutionnel. Benjamin a fréquemment plaidé devant la Cour supérieure et la Cour d'appel du Québec.

Benjamin parle avec respect, éloge et gratitude du rôle que ses mentors ont joué dans son parcours professionnel chez RSS, à savoir l’honorable Pascale Nolin (j.c.s.) et Me Lynne Kassie. Il décrit Me Kassie comme une plaideuse exceptionnelle, une patronne attentionnée et une avocate à l’éthique irréprochable. Quant à la juge Nolin, qui est devenue une amie, il souligne sa grande compétence, mais aussi son humanité et son désir d’aider et de faire une différence. Benjamin est non seulement reconnaissant des opportunités que ces femmes lui ont données, mais également de l’ouverture dont elles ont fait preuve pour lui permettre d’agir dans des dossiers pro bono qui lui tenaient à cœur. Benjamin insiste : il n’aurait été ni le même avocat, ni la même personne sans leurs conseils et leur soutien.

Au cours de sa pratique, Benjamin s’est donné comme objectif de toujours être honnête avec ses clients, même si cela impliquait d’avoir des discussions difficiles et de prendre le risque qu’un client choisisse de retenir les services d’un autre avocat.

Benjamin adorait la pratique privée, mais ne regrette pas l’aspect acrimonieux du processus. Les litiges familiaux sont nécessairement personnels et il est difficile de faire preuve de détachement. Il a trouvé particulièrement difficile d’agir dans certains dossiers où, parfois, il était d’avis que certains avocats envenimaient les choses plutôt que de participer à la recherche de solutions.

Avec du recul, Benjamin réalise que la victoire à la Cour, en matière familiale, est toujours douce-amère. Le débat et le processus laissent des cicatrices aux parties. Il est convaincu que les parties ont tout avantage à trouver un accord parce qu’elles doivent la plupart du temps continuer à se voir et à se parler, en particulier lorsqu’elles ont des enfants.

Saut en politique

À un certain moment, Benjamin a réalisé que son implication sociale dans la défense des droits de la personne et des minorités prenait de plus en plus de place. Ce rôle devenait pour lui une priorité et il voulait trouver une façon constructive de faire avancer les choses. La politique s’est donc imposée en 2018.

Benjamin avoue que les premiers mois à titre de conseiller politique ont été difficiles. Il a quitté un milieu où sa compétence était reconnue par ses pairs, la magistrature et ses clients. Il devait maintenant recommencer à zéro et faire ses preuves.

Ce qui l’a le plus surpris en politique est la complexité du processus décisionnel et l’urgence avec laquelle il faut parfois agir. Il s’agit d’une réalité peu visible de l’extérieur et dont il ignorait l’existence.

Il décrit son travail de conseiller comme une opportunité exceptionnelle de participer au processus décisionnel entourant les enjeux relatifs aux droits de la personne, dont le droit à l’égalité.

À titre de conseiller politique, Benjamin est particulièrement fier d’avoir été impliqué dans des dossiers touchant la défense des droits de la communauté LGBTQ2 et d’avoir contribué à l’assouplissement des règles en matière de non-divulgation de la séropositivité. Il est aussi heureux d’avoir eu l’occasion de travailler sur la réforme récente de la Loi sur le divorce.

Implication sociale

L’engagement social de Benjamin est impressionnant.

Au fil des ans, Benjamin s’est impliqué auprès de multiples organismes communautaires dont notamment : le Centre communautaire juridique de Montréal (Aide juridique), la Clinique juridique du Mile End et l’Association internationale et interdisciplinaire sur la chaîne des médicaments.

Sensible aux droits des minorités, Benjamin a cofondé puis agi comme vice-président de Québec inclusif de 2013 à 2018, un organisme à but non lucratif qui rassemble et œuvre à la promotion d’un Québec ouvert, tolérant et inclusif.

Benjamin a également agi comme administrateur et comme procureur pour Enfants transgenres Canada. Il considère qu’il reste énormément à faire pour les jeunes en questionnement, non-binaires ou transgenres, qui souffrent encore de discrimination.

Enfin, de 2014 à 2016, Benjamin a occupé le poste d’administrateur et de trésorier d’Aids Community Care Montreal.

LGBTQ2

L’implication de Benjamin dans la défense des droits des communautés LGBTQ2 n’est pas un hasard. Benjamin est homosexuel et il souhaite que cette question soit abordée dans sa figure de maître. S’afficher représente pour lui une forme d’activisme au quotidien, qu’il considère encore nécessaire en 2019, en particulier dans le milieu juridique qui peut parfois être conservateur.

Benjamin souligne qu’il a été chanceux et que son parcours professionnel n’a pas été préjudicié par son orientation sexuelle. Il souhaiterait que tous puissent en dire de même... et en fait son cheval de bataille au quotidien.