Me Alec Fafard


Me Alec Fafard : l’avocat tendresse
Par Gislaine Dufault, directrice des communications
(Article diffusé le 5 avril 2017)


Le bâtonnier Simon Tremblay remettra le Mérite du Barreau de Montréal à Me Alec Fafard, lors de l’Assemblée générale annuelle du 10 mai prochain, pour souligner sa contribution exceptionnelle au Barreau de Montréal. « Pour avoir participé à maintes reprises au Salon VISEZ DROIT, je suis à même de constater l’ampleur du rôle qu’y joue Me Fafard. Je suis donc très heureux de mettre enfin les projecteurs sur ce travailleur de l’ombre », de mentionner le bâtonnier Tremblay.

Plaider pour protéger les enfants
Diplômé en science politique à McGill, puis en droit à l’Université de Montréal, Me Fafard est admis au Barreau en 1992. Il commence sa carrière à la SAAQ, où il contre-interroge les experts. Bien qu’il n’y reste que deux ans, son passage à la SAAQ, en plus de parfaire ses réflexes en contre-interrogatoire, lui permet de développer une rigueur intellectuelle qui lui servira tout au long de sa carrière.

En 1994, il est recruté comme avocat plaideur par le directeur du bureau jeunesse de l’aide juridique, Me Normand Bastien, devenu juge à la chambre de la jeunesse de la Cour du Québec (maintenant à sa retraite). De nature conciliante et peu friand des conflits, le jeune avocat qui ne pouvait s’imaginer pratiquer en droit de la famille se lance dans l’aventure.

Sa décision se confirme peu de temps après, lorsqu’un de ses premiers clients à la chambre de la jeunesse, un garçon de 6 ans, le prend par la jambe du haut de ses trois pommes et lui demande candidement s’il veut être son papa. Encore aujourd’hui, il peine à raconter cette histoire sans que l’émotion fasse poindre une petite larme au coin de ses grands yeux bruns. Au fil des ans, Alec rejoindra le rang limité des experts en matière de protection de la jeunesse, un domaine difficile émotivement, puisqu’il s’agit d’intervenir auprès d’enfants dont la sécurité est compromise.

De port en port
Les nombreux déménagements qui ont marqué son enfance — son père travaillait aux affaires étrangères — lui ont incontestablement appris à s’ouvrir sur le monde, à s’adapter rapidement aux divers environnements et à accepter les différences, voire à les apprécier, des atouts essentiels pour évoluer dans cette mosaïque culturelle qui marque son quotidien à l’aide juridique. Pas facile, cependant, de se faire des amis avec cette vie de globe-trotter. C’est sans doute ce qui explique ce besoin viscéral qu’il éprouve d’entrer en lien avec les gens qu’il côtoie.

Sur les rails
Alec est en 5e secondaire quand la famille revient poser ses pénates au Québec. Habile dans ses exposés oraux, on lui demande de participer à l’animation d’une soirée Méritas. Le paternel, qui lui reconnaît un talent certain pour l’art oratoire, lui recommande des études en droit, mais le jeune Alec voit mal comment concilier son besoin de contacts humains avec la froideur d’un code, aussi civil soit-il.

Soucieux de trouver les bons mots, ceux qui sauront réconforter, il entre au cégep et se dirige vers la psychologie. Il y rencontrera « sa douce », Catherine, une dynamique jeune femme qui envisage une carrière en droit. Il change ses plans lorsqu’il réalise que le droit, qu’il jugeait froid a priori, constitue un outil extraordinaire pour aider ses semblables et, petit à petit, améliorer le sort du monde. Il sera finalement avocat et sa douce… neuropsy !

Deux enfants — Charlotte et Jérôme — plus tard, Alec devient le papa qu’il rêvait d’être. Dès lors, sa famille prend la pole position, sa pratique ayant démontré à maintes reprises l’importance de la famille dans le développement de l’enfance.

Bénévole passionné
En 2007, Alec est recruté pour participer au Salon VISEZ DROIT. Immédiatement interpellé par cette cause, il décide de s’y impliquer corps et âme.

En plus de participer aux nombreuses rencontres du comité requises pour offrir chaque année une programmation de choix aux justiciables, Alec passe la semaine entière au salon, à courir à gauche et à droite pour accueillir les visiteurs, retrouver un invité perdu, désaltérer les exposants et avocats consultants, monter sur scène pour jouer des personnages tous plus flamboyants les uns que les autres. L’avocat tendresse distribue à qui mieux mieux ses câlins affectueux, allant jusqu’à offrir un massage thérapeutique à ses collègues éreintés.

S’improvisant animateur, comédien et auteur, il rédige de nombreux scénarios pour les étudiants, qui viennent les jouer sur scène. Et il ne se contente pas de les rédiger, il va dans les écoles, rencontre les élèves, les aide à répéter tout en les sensibilisant à leurs droits et obligations, projetant ainsi une image humaine et flatteuse de la profession.

Pour le président du comité organisateur, Me Horia Bundaru, « Alec est un véritable pilier du Salon VISEZ DROIT qui, en plus de contribuer à donner une âme à l’événement, sait prendre ses jeunes collègues sous son aile et leur transmettre sa passion pour la protection des plus vulnérables ». Les nouveaux venus sont accueillis avec tant de chaleur qu’ils deviennent à leur tour des membres impliqués, soucieux de l’image qu’ils transportent.

C’est pour souligner l’apport de cet ambassadeur exemplaire que le Conseil du Barreau de Montréal, avec l’appui de la Conférence des anciens bâtonniers, a choisi de lui remettre le Mérite du Barreau de Montréal.

Félicitations, Me Alec Fafard, et au nom des 14 500 avocats de Montréal, merci !