Conférence inaugurale


En 2014, l’Institut de la statistique du Québec rapportait que peu importe le sexe et le niveau de scolarité, les personnes immigrantes forment un groupe largement surreprésenté parmi les travailleuses et travailleurs à faible revenu. À l’instar des femmes et des personnes appartenant à une minorité visible, les personnes immigrantes continuent d’occuper une grande part des formes d’emploi non traditionnelles (Fuller et Vosko 2008; Commission des normes du travail 2013; Cloutier-Villeneuve 2014). À cet égard, il convient de souligner que le caractère temporaire de l’emploi découle parfois de la précarité du statut migratoire qui leur est conféré. En sus, selon la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le principal facteur freinant l’intégration en emploi des personnes immigrantes racisées serait la discrimination.

Qu’il s’agisse du droit substantif à l’égalité prévu à la Charte des droits et libertés de la personne ou des outils de nature programmatique visant à lutter contre la discrimination en emploi, le droit positif en vigueur tient-il ses promesses envers les personnes immigrantes? Cette conférence inaugurale propose de procéder à un arrêt sur images. Partant du postulat que les personnes immigrantes constituent un groupe hétérogène, nous présenterons d’abord un portrait des différents facteurs susceptibles d’interagir et de façonner les expériences professionnelles des personnes immigrantes. Dans un deuxième temps, nous évoquerons de quelle façon l’approche intersectionnelle de la discrimination permet de capter l’incidence de certains vecteurs de discrimination invisibilisés par d’autres modes d’appréhension de la discrimination.