Journée du Barreau 2017


07 septembre 2017, de 10 h 00 à 22 h 00

Emplacement: 
Montréal, QC


Réflexions sur l’inclusion
Par Johanne Landry

Comme c’est la tradition depuis quelques années, la Journée du Barreau s’est déroulée en deux temps, le 7 septembre dernier. Au Palais de Justice en matinée, puis au Centre Mont-Royal en fin d’après-midi. Les juges en chef ont rappelé les faits saillants de la dernière année et les invités d’honneur ont exprimé leur vision du thème 2017 : Un barreau inclusif.

L’ouverture des tribunaux

L’honorable Nicole Duval Hesler, juge en chef de la Cour d’appel du Québec et présidente de la cérémonie, s’est réjouie de la nomination des juges Claudine Roy, Jocelyn F. Rancourt et Simon Ruel. Au chapitre des bonnes nouvelles, elle a également souligné que pour la première fois de son histoire, la Cour d’appel a siégé ailleurs que dans les villes de Montréal et de Québec, soit à Trois-Rivières pour une affaire en droit criminel et une autre d’évasion fiscale. À l’époque où la primauté du droit revêt une importance cruciale et repose sur la confiance du public envers les institutions, il est essentiel de favoriser des rapprochements entre les justiciables et les professionnels du système de justice, pour mieux le faire connaître, le démystifier et pour familiariser la population avec les éléments moins accessibles de ce système, a-t-elle exprimé. Dans le même ordre d’idée, madame la juge a aussi demandé à la communauté juridique de soutenir financièrement Éducaloi qui contribue à ce que la population connaisse mieux ses droits et par conséquent, soit en mesure de mieux les exercer.

L’honorable Paul Crampton, juge en chef de la Cour fédérale, s’est réjoui d’une diminution des délais pour entendre les causes et rendre les jugements, ainsi que du succès d’un projet pilote de salle d’audience électronique. La Cour fédérale fait toutefois toujours face à plusieurs défis importants, parmi lesquels le juge Crampton a parlé du sous financement chronique du service administratif des tribunaux judiciaires, dont l’un des effets est qu’il peut s’écouler jusqu’à 18 mois avant la traduction d’une décision; ainsi que la localisation des bureaux de la Cour dans des immeubles commerciaux loin des quartiers judiciaires dans certaines villes. D’autre part, le juge en chef prévoit la création de postes supplémentaires dans un proche avenir, aussi a-t-il invité les membres du Barreau qui œuvrent dans les domaines de la propriété intellectuelle, du droit maritime, droit administratif, droit de l’immigration, droit autochtone et les plaideurs renommés à songer à poser leur candidature. « Surtout si vous pouvez nous aider à atteindre notre but d’accroître notre diversité au sein de la Cour », a-t-il ajouté.

L’honorable Jacques R. Fournier, juge en chef de la Cour supérieure, a d’abord partagé quelques réflexions sur l’inclusion. « Tous, peu importe leur sexe, leur genre, leur race, leur identité sexuelle ou leur religion doivent être libres d’exercer le droit », a-t-il déclaré. Parlant de l’arrêt Jordan, le juge Fournier l’a qualifié d’électrochoc sur tous les intervenants du système judiciaire. Il a par ailleurs énuméré une série de mesures mises en place dans cette foulée. Parmi les améliorations qu’elles ont entraînées, il a mentionné la réduction du délai de fixation pour un procès criminel dans la division de Montréal qui a fondu de 30 à 17 mois. « La crise du délai en matière criminelle est en voie de se résorber », a-t-il affirmé. La partie n’est toutefois pas gagnée, il reste, en effet, à entendre en priorité les dossiers qui étaient déjà fixés afin de reprendre un rythme normal.

L’honorable Lucie Rondeau, juge en chef de la Cour du Québec, a parlé pour sa part d’un moment historique pour la Cour qui a accueilli à bras ouverts une cohorte de nouveaux juges nommés au terme d’un marathon pour pourvoir des postes vacants et des postes nouvellement créés. Parmi la liste de succès et de bonnes nouvelles, la juge Rondeau a, entre autres, mentionné l’interrogatoire hors cour pour tenir lieu d’enquête préliminaire lorsque la citation à procès n’est pas contestée, de la possibilité pour les avocats de rencontrer un juge dans son bureau pour faciliter les discussions préalables à la tenue du procès, et d’un projet de médiation sur place à la Division des petites créances.

Le mot de la ministre

« Il est tout à fait à propos de redoubler d’efforts afin que nos milieux de travail et nos organisations mettent en valeur la diversité de notre société » a déclaré Me Stéphanie Vallée, ministre de la Justice du Québec, mentionnant que le bâtonnier de Montréal ajoutait de la couleur à la palette de ses actions qui serviront la communauté juridique montréalaise en soutenant toutes ses différences.

« En tant qu’avocats, tout ce que nous faisons contribue à façonner la perception des citoyens non seulement envers notre profession mais aussi envers notre système de justice. Il est essentiel de nous mobiliser, de garder le cap sur nos engagements au service du droit, de la justice et de la population », a-t-elle dit également.

La ministre a rappelé que l’an dernier à la même date, la communauté en était à mesurer la réelle portée de la décision Jordan ajoutant que les progrès rapportés par les juges en chef n’auraient pas été possibles si chacun n’avait pas répondu présent à l’appel de la Cour suprême. « Il y a eu une mobilisation sans précédent de la communauté juridique », a-t-elle affirmé.

D’autre part, la ministre a souligné que les partenaires de la Table Justice-Québec ont déposé un plan d’action en octobre dernier rempli d’initiatives novatrices et de mesures en réponse à l’arrêt Jordan. Elle a également mentionné l’investissement financier important du gouvernement pour ajouter des juges, des salles de cour et du personnel; et elle a, entre autres, annoncé que la prochaine année sera axée sur la modernisation du système informatique.

Des orateurs inspirants

Me Mélanie Dugré était la présentatrice lors de la Cérémonie de la Journée du Barreau en après-midi. Elle a joué son rôle comme une championne, a-t-on entendu dans l’assistance.

Me Hubert T. Lacroix, président-directeur général de CBC/Radio-Canada et membre du Barreau depuis 40 ans, a souligné que la formation et la polyvalence des compétences acquises comme avocat sont des atouts considérables pour les entreprises et qu’il y a des débouchés extraordinaires pour les diplômés en droit. En lien avec le thème, Me Lacroix a fait la différence entre diversité et inclusion; la première étant l’amalgame, ce qui distingue chaque personne comme l’origine ethnique, le sexe, les valeurs et l’expérience, alors que l’inclusion est de s’assurer, comme organisation, que toutes ces personnes travaillent bien ensemble dans un environnement qui favorise les différences. Le PDG a aussi expliqué comment la société d’État cherche à mieux représenter la diversité canadienne en recrutant les esprits les plus créatifs du pays provenant de tous les horizons et de toutes les communautés culturelles.

Madame la vice-bâtonnière du Barreau de Paris, Dominique Attias, a pour sa part commencé son allocution en citant St-Exupéry qui a écrit : « Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente», ajoutant que les préoccupations du Barreau de Montréal rejoignent celles du Barreau de Paris qui croit qu’au sein de la société, la cohésion et l’empathie doivent l’emporter sur l’individualisme, et que les discriminations, les préjugés et les inégalités doivent pouvoir être éradiquées. Madame Attias a relaté plusieurs mesures prises par son Barreau pour favoriser l’inclusion et l’égalité et rappelé qu’à l’heure où le lien social semble se fragiliser, le rôle de l’avocat demeure majeur.

Me Paul-Matthieu Grondin, bâtonnier du Québec, s’est réjoui de l’amélioration des délais en matière de justice tout en rappelant qu’il reste un mur infranchissable, celui des coûts de la justice et son inaccessibilité. Me Grondin a rappelé à quel point les jeunes avocats sont mus par des idéaux et une quête de sens. « Quand nous sommes devenus avocates et avocats, nous avons fait de l’accès à la justice notre mission commune. Ce n’est pas une expression creuse, c’est l’une de nos obligations déontologiques » a-t-il dit, en invitant toute la communauté à former une coalition pour plaider la grande cause de la justice dans la cour de l’opinion publique lors des prochaines élections provinciales de 2018. C’est en faisant de la justice un enjeu de société que nous arriverons à cette réforme tant souhaitée, a-t-il conclu.

Me Sophia M. Rossi, présidente du Jeune Barreau de Montréal, a illustré la réalité des jeunes avocats en relatant différentes situations vécues par les membres du conseil d’administration confrontés aux défis de leur génération, comme les stages rémunérés en deçà du salaire minimum ou sans aucune rémunération, l’absence de formation en entreprenariat, l’obligation de payer sa cotisation professionnelle lors d’un retour aux études, ou le faible pourcentage de femmes parmi les associés des grands cabinets. « Jeunes avocates et avocats, soyons des créateurs de changements », a-t-elle lancé à ses collègues et aux nouveaux admis.

La Médaille du Barreau de Montréal

Me Brian R. Mitchell a remis la Médaille du Barreau de Montréal à Me Richard W. Pound, qui a été président du Comité Olympique canadien et membre du Comité International Olympique où il a mené un combat colossal contre le dopage dans le sport. « Je tiens à vous remercier pour cette médaille que je ne mérite pas mais que j’accepte en toute humilité », a déclaré le récipiendaire lors d’une courte allocution où il a relaté trois citations populaires mais pleines de sens qui disent qu’il n’y a que dans le dictionnaire où le mot succès vient avant le travail; que si c’est une erreur, cela demeure une erreur même si tout le monde le fait et si c’est bon, c’est bon même si personne ne le fait; et finalement à propos du plaisir de la pratique du droit : si tu trouves un emploi que tu aimes, tu ne travailleras pas une seule journée de ta vie.

Cette soirée de cérémonie a aussi été l’occasion d’une minute de silence pour les membres décédés au cours de la dernière année ainsi que de la remise d’un certificat à ceux qui célèbrent leur 50e,60e, et 70e anniversaire d’admission au Barreau.

Enfin, le bâtonnier Mitchell a souligné que les efforts concentrés vers l’inclusion ne changeront pas tout en une seule année, et qu’il est celui qui a jeté les bases d’une profonde transformation. Il a aussi rappelé qu’un plan d’action se penchera sur l’abolition des stages non rémunérés, sur les raisons pour lesquelles de nombreuses avocates quittent la profession durant leurs cinq premières années de pratique, sur les façons de refléter les défis des gens issus de l’immigration et ceux de la communauté LGBTQ au sein du système de justice, ainsi que sur les moyens d’abattre les tabous face aux problèmes de stress, d’épuisement, de dépression et de dépendance. Le bâtonnier de Montréal a conclu en remerciant les orateurs de l’avoir inspiré par leurs propos.

Merci aux partenaires de l'évènement :
La Financière des avocats et Montpetit Recrutement | Ressources humaines.
    

        
   

Anniversaires d'admission au Barreau (50-60)
Les avocats célébrant leur 70e, 60e ou 50e anniversaire d'admission, présents lors de la cérémonie de la Journée du Barreau,
se sont réunis autour du bâtonnier Brian R. Mitchell pour une photo immortalisant cette journée anniversaire.


ANNIVERSAIRES D'ADMISSION AU BARREAU

70e anniversaire 
Me Manuel Shacter, c.r., Ad. E., avocat à la retraite.

60e anniversaire 
Me Pierre Brassard, avocat à la retraite, Me John Ciaccia, avocat à la retraite, l'honorable Michel Côté, c.r., avocat à la retraite, Me Sidney Cutler, c.r., Me Jaime W. Dunton, avocat à la retraite, Me Francine Geoffrion, Me John H. Gomery, c.r., avocat à la retraite, Me Lucien Lachapelle, Me Fernand Lalonde, c.r., avocat à la retraite, Me J. Vincent O'Donnell, c.r., Ad. E., avocat à la retraite, Me Alex K. Paterson, O.C., O.Q., c.r., Ad. E., l'honorable Lawrence A. Poitras, c.r., avocat à la retraite, Me Bernard Sivak, avocat à la retraite, Me Stanley Taviss, avocat à la retraite et Me J.-Lambert Toupin, c.r.

50e anniversaire
Me David H. Appel, avocat à la retraite, Me Edward E. Aronoff, Me Casper M. Bloom, c.r., Ad. E., Me Jack B. Boidman, Me Earl S. Cohen, Me Jacques Dagenais, Me Armand L.C. de Mestral, C.M., Me Marc Desjardins, avocat à la retraite, Me Guy Dufort, Me Claude J.E. Dupont, Me Gilles Fafard, Me Bernard Faribault, avocat à la retraite, Me Charles E. Flam, Me Mortimer G. Freiheit, Me Robert Golfman, Me Harold P. Gordon, c.r., avocat à la retraite, Me Bernard Grenier, Ad. E., Me Michel Jetté, l'honorable Daniel Johnson, G.O.Q., Me Daniel Kochenburger, Me Bennie Kravitz, Me Gordon Kugler, Me Jean-Marc Lafaille, avocat à la retraite, Me Ray E. Lawson, Me Morden Lazarus, Me William B. Mauer, Me Pierre B. Meunier, Me Irving Narvey, Me Leslie Irwin Notkin, Me Reevin Pearl, Me Michael L. Richards, avocat à la retraite, Me Gérard Rochon, avocat à la retraite, Me Raymond Royer, avocat à la retraite, Me Arthur Sanft, Me Stephen A. Scott, Me Sharon Sholzberg Gray, avocate à la retraite, Me David H. Sohmer et Me Gabriel Terkel, avocat à la retraite.

 
       

 

Les inscriptions sont fermées pour cette activité.

À CONSULTER

Allocutions prononcées lors de la Journée du Barreau :

Album photos « Journée du Barreau 2017 »